Yprema, une entreprise du BTP écologique et solidaire

[Biographies de Bretagne a le plaisir de vous proposer un extrait de la partie introductive de la biographie de l’entreprise Yprema, à paraître au quatrième trimestre 2019 à l’occasion du 30ᵉ anniversaire de l’entreprise. Cette biographie a été écrite à partir d’une trentaine de témoignages directs : agents de production, cadres, dirigeants, intervenants extérieurs, partenaires industriels]

Six juin 2019 : nous sommes à Massy, département de l’Essonne, à 15 kilomètres au sud de Paris, près de l’aéroport d’Orly. Les salariés de la société Yprema et Claude Prigent, son président, accueillent leurs invités pour fêter ensemble le 30ᵉ anniversaire de l’entreprise, née en 1989 sous le statut de filiale de la société de travaux publics Yves Prigent SA. Il y a là clients et fournisseurs, partenaires industriels et commerciaux, représentants des collectivités et des services de l’État, associations de protection de l’environnement et riverains aussi. Le choix de Massy pour célébrer l’événement ne doit rien au hasard. Là, il y a tout juste 30 ans, Yves Prigent SA, fondée par un couple de paysans originaires de Plounévézel en centre-Bretagne, et sa filiale naissante créaient une de leurs toutes premières plateformes de production de matériaux pour le BTP, des matériaux issus du recyclage des bétons de déconstruction, des couches de chaussée démontées et des terres d’excavation. Trente ans plus tard, le site de Massy présente un bilan environnemental qui parle de lui-même : 5,5 millions de tonnes de matériaux recyclés (dont 80 % dans un rayon de dix kilomètres autour du site), soit plus de 80 hectares d’espaces naturels préservés, et 180 000 tonnes équivalent carbone économisées, soit les émissions de CO2 de 5 000 ménages français.

Devant l’auditoire réuni, Claude Prigent, fils du fondateur, qui fut d’abord le directeur général d’Yprema avant d’en prendre la présidence en 1992, retrace les grandes étapes de l’histoire de la société. Il rappelle les crises cycliques du BTP qu’Yprema a dû et pu surmonter en misant à chaque fois sur les valeurs collectives et le renforcement des compétences de chaque salarié.e, il loue les principes du développement durable qui ont servi de fil conducteur et de source d’inspiration et d’innovation, il n’accable pas une réglementation européenne en matière environnementale que l’entreprise a toujours préféré anticiper plutôt que subir pour en faire un levier de croissance verte. Il explique comment il a voulu que les salariés de son entreprise passent à la semaine de 35 heures sur quatre jours dès 1997, ce qui a permis d’améliorer les conditions de travail et de vie des personnels mais aussi d’augmenter la productivité de l’entreprise. Pari gagnant : 22 ans plus tard, Yprema est passée de 15 à 102 salariés et le chiffre d’affaires a été multiplié par sept !

Puis Claude Prigent s’attarde un instant sur la place qu’Yprema a voulu donner à la biodiversité sur chacun de ses sites d’exploitation, en commandant des audits faune-flore, en réalisant des plantations qui favorisent la diversité des espèces végétales et animales, en installant des ruches qui agissent comme des « sentinelles de l’environnement » et produisent du miel.

Oui, l’histoire est belle. Mais en ce jour de juin 2019, pour Claude Prigent et toute son équipe il s’agit aussi de parler d’avenir car les festivités du 30ᵉ anniversaire d’Yprema et de son implantation à Massy sont l’occasion de présenter une plateforme en pleine évolution. Le projet, appelé Massy 2, consiste dans un premier temps à déplacer l’activité de recyclage des matériaux de déconstruction (blocs de béton et couches de chaussée), tandis que l’activité de recyclage de terres – grâce au procédé du chaulage – demeure sur la plateforme Massy 1. Puis au printemps 2021, la base-vie, qui réunit l’équipement d’accueil des clients et les locaux du personnel, ainsi que les espaces verts seront réalisés sur les nouveaux terrains. Ici, par un traitement paysager soigné, l’entreprise veut mettre en valeur son savoir-faire en matière d’intégration d’un équipement industriel dans son environnement urbain. Une autre priorité est de veiller au bien-être des voisins en prenant des mesures de prévention des nuisances en matière de bruit, d’émissions de poussières ou de salissure des voiries.

À vrai dire, Massy 2 n’est pas une révolution dans l’histoire d’Yprema mais plutôt une étape supplémentaire dans une démarche qualité qui vient de loin car, dès 2006, la plateforme de Massy avait été la première centrale de recyclage en Île-de-France à obtenir une labellisation dans le cadre de la Charte de l’environnement de l’UNICEM (Union nationale des industries de carrières et minéraux) au niveau le plus élevé : 4 sur 4. Cette reconnaissance officielle de la profession, celle des confrères donc mais néanmoins concurrents, avait demandé un travail de longue haleine pour satisfaire pas moins de 80 critères. Et juste avant Massy, la plateforme qu’Yprema a ouverte en 2001 en Bretagne, à Pluguffan près de Quimper, avait été tout bonnement la première en France à obtenir un si haut niveau de labellisation.

Inscrire le développement durable dans l’objet social de l’entreprise

Avant d’inviter ses convives à partager le verre de l’amitié, Claude Prigent choisit de mettre en lumière une récente évolution du droit du commerce : « Le 11 avril dernier, le Parlement a définitivement adopté la loi PACTE (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises). Le débat parlementaire a été long, parfois âpre. Certaines dispositions de cette loi sont controversées, je le sais, mais s’il est un volet qui devrait faire consensus, c’est celui qui permettra aux entreprises, par une modification du Code civil, d’introduire dans leur objet social un principe d’utilité sociale et environnementale. » (2)

Dans la revue Yprema Matériaux, que l’entreprise édite depuis septembre 1994 à raison de trois numéros par an – initialement sur papier recyclé et depuis 2017 sur feuille de pierre – et qu’elle imprime aujourd’hui à 10 000 exemplaires, la secrétaire générale Susana Mendès écrivait en juin 2018 à propos de ce qui n’était encore qu’un projet de loi : « Cette loi qui, outre des mesures d’ordre économique, doit introduire des mesures liées à la RSE (responsabilité sociale/sociétale des entreprises) et au développement durable n’est pas une contrainte pour Yprema. Bien au contraire, de par l’anticipation et la prise en compte de ces domaines dans son organisation, Yprema est prête à mettre en pratique la loi PACTE dès sa parution et à élargir son objet social au développement durable. » (3)

Le chantier du Grand Paris : un défi écologique pour le BTP

Si en ce 6 juin 2019 Claude Prigent aborde la question de l’objet social de l’entreprise, c’est pour mieux souligner la réponse qu’Yprema veut apporter au nouveau cadre juridique ainsi créé. L’entreprise veut agir avec le souci de l’intérêt général, en l’occurrence au regard des enjeux écologiques du chantier titanesque du Grand Paris dont les travaux ont débuté en 2017 : « Les articles 1833 et 1835 du Code civil vont se trouver modifiés (4). Eh bien tant mieux, nous voulons qu’Yprema soit parmi les premières entreprises à inscrire le développement durable dans son objet social. Le chantier du Grand Paris est l’occasion de mettre cette disposition de la loi PACTE en application. La région parisienne connaît depuis plusieurs années un déficit en matériaux de construction, avec un besoin de 30 millions de tonnes par an alors que les carrières franciliennes ne peuvent produire que 18 millions de tonnes. En parallèle d’ici à 2020, et alors que le Grand Paris va générer plus de 60 millions de tonnes de déblais supplémentaires, les capacités annuelles de stockage de ces matériaux vont s’épuiser. On est dans une situation d’urgence absolue. Yprema est et sera de ce fait de plus en plus sollicitée pour réceptionner des terres inertes. »

Claude Prigent rappelle qu’il appartient aux donneurs d’ordre publics, donc à l’État, aux collectivités d’Île-de-France, à la Société du Grand Paris – l’établissement public en charge du dossier – de veiller à ce qu’une chaîne vertueuse se construise entre les acteurs de la déconstruction et du déblaiement et ceux de la construction, afin qu’un maximum de « déchets » deviennent des produits de réemploi ou de recyclage. Des entreprises responsables et compétentes existent déjà pour tenir le rôle d’intermédiaire. Encore faut-il que les décideurs publics leur facilitent la tâche en permettant leur implantation au plus près des chantiers urbains.

De Paris aux régions

Claude Prigent n’oublie pas que la problématique de l’accès à des matériaux de construction recyclés pour le BTP ne se limite pas à la région parisienne. Yprema exploite une plateforme de réception et de production en Bretagne, à Pluguffan près de Quimper, et une autre à Reims, en partenariat avec l’entreprise locale Moroni et la communauté urbaine. Pour diffuser son savoir-faire, depuis 2013 Yprema a également développé des franchises avec trois PME régionales ancrées depuis plusieurs décennies dans leur territoire : en Ardèche, Construction Bâtiment Maintenance (CBM) Lextrait-Manent et sa filiale dédiée au recyclage CBM Agrégats 07, dans le Calvados, Recyclage Négoce Mondevillais (RNM) – une émanation de la SCOP Floro TP Associés – et dans les Pyrénées-Atlantiques, l’entreprise Despagnet. Ce modèle économique basé sur le partenariat et l’addition des compétences, Yprema souhaite le développer dans d’autres régions où la question du recyclage des matériaux du BTP est encore balbutiante.

Si la pénurie de matériaux naturels n’est pas encore un problème qui se pose en région avec la même acuité qu’en Île-de-France, il n’en est pas moins vrai qu’une généralisation des filières locales de recyclage des matériaux du BTP en France, sur des sites d’exploitation intégrés au tissu urbain comme le sont les plateformes d’Yprema, permettrait de diminuer l’impact environnemental des collectivités et le bilan carbone des territoires. En outre, la saturation des déchetteries et les contraintes de long terme qui pèsent sur les finances des collectivités gestionnaires de ces équipements publics (baisse des dotations de l’État) sont des éléments qui devraient inciter ces dernières à encourager des solutions alternatives dans le secteur privé pour la collecte et le traitement des déchets des professionnels, en particulier ceux des PME et des entreprises artisanales du BTP. Pourtant, force est de constater qu’un travail de pédagogie reste à faire auprès de la plupart des décideurs locaux afin que les politiques publiques évoluent dans ce sens.

Mais d’où vient donc l’engagement militant d’Yprema pour la terre, cet élément primordial qui a accompagné toutes les civilisations humaines dans leur développement ? Et d’où les femmes et les hommes qui ont fait l’histoire de cette entreprise depuis plus de trois décennies tirent-ils cette conviction chevillée au corps qu’un matériau aussi commun ne doit pas être gaspillé et qu’il peut se recycler?

(1) https://www.ruptur.fr/actualites/lafabriqueruptur-floralies-2019/

(2) http://www.assemblee-nationale.fr/15/ta/tap0258.pdf

(3) Yprema Matériaux, numéro 75, juin 2018, éditorial « Loi PACTE », Susana Mendès, secrétaire générale.

(4) http://leplaylaw.com/2018/10/10/larticle-61-de-loi-pacte-articles-1833-1835-du-code-civil-et-la-societe-a-mission/

Pierre Le Gonidec, un artiste à découvrir

Le métier de biographe offre bien des motifs de se réjouir. Le moindre n’est pas celui de découvrir des talents jusqu’alors inconnus à nos yeux et à notre esprit. A ce bonheur personnel s’ajoute ensuite la joie de pouvoir partager à notre tour avec le lecteur ce qui nous enchante.

Pierre Le Gonidec, dont nous écrivons actuellement le récit de vie, est un artiste plasticien qui s’est accompli au plan professionnel dans le design graphique et la création d’images de marque. Nous présentons ici, grâce à sa fille Marie-Barbara, trois œuvres de jeunesse, produites dans les années Cinquante, qui révèlent une maîtrise technique déjà très aboutie et une sensibilité à fleur de peau.

Voici donc successivement:
– une aquarelle qui représente la maison des grands-parents paternels à Plestin-les-Grèves,
– une gouache qui représente un port breton,
– une gravure en taille douce sur une plaque de zinc, représentant un paysage champêtre. On admirera le travail sur la perspective selon une technique, la gravure en taille douce (consistant à évider une plaque de cuivre ou de zinc), qui ne se transmet plus guère.

Nous espérons vivement que le travail de Biographies de Bretagne puisse contribuer à faire connaître et reconnaître le talent de Pierre Le Gonidec.

Pierre Le Gonidec, un pionnier breton du design graphique et de l’image de marque

Biographies de Bretagne, spécialiste du récit de vie individuel, familial ou collectif se rapportant à l’histoire contemporaine de la Bretagne et des Bretons, a le plaisir de vous informer de la mise en chantier d’une nouvelle biographie.

Il s’agira du récit de vie de Pierre Le Gonidec, un « Breton de Paris » comme on dit, né en 1935 à Boulogne-Billancourt, où ses grands-parents paternels avaient migré pour le travail, mais qui a gardé toute sa vie durant un lien indéfectible avec la terre de ses origines. Jusqu’à lui consacrer son mémoire de fin d’études à l’École normale supérieure de l’enseignement technique (ENSET) de Cachan, où il s’est formé aux arts appliqués après avoir révélé un talent précoce pour le dessin et la gravure. En effet, le mémoire en question portait sur « La Vierge de Pitié dans la sculpture bretonne », un travail d’étudiant qui aura amené le jeune homme à arpenter toutes les petites routes de Bretagne et à ouvrir la porte de multiples chapelles sur des trésors méconnus du plus grand nombre.

L’attachement de Pierre Le Gonidec pour la patrie de ses grands-parents, qu’il connut quand ces derniers avaient déjà rejoint le pays et chez lesquels il passa toutes ses vacances d’enfant à courir les fermes du côté de Plestin-les-grèves, l’a également conduit à s’installer lui-même en Bretagne, le temps de la retraite venu, pour ne plus vouloir la quitter. L’esthète passionné de musiques du monde et de jazz bebop, pour qui le chant diphonique des nomades des steppes de Mongolie et le piano dissonant de Thelonious Monk n’ont plus de secret, a trouvé son havre de paix dans une petite maison posée au-dessus de la baie de Morlaix, avec pour voisins perpétuels le cairn de Barnenez et le château du Taureau.

Pourtant, Pierre Le Gonidec aura mené toute sa vie professionnelle ou presque hors de Bretagne, pour l’essentiel à Lille et à Roubaix où il participa à la création de l’École supérieure des arts appliqués et du textile (ESAAT). Son enseignement atypique et innovant lui valut, dans la vague de Mai 68, d’être imposé par les étudiants lillois aux institutions éducatives comme leur nouveau professeur d’art graphique. Homme d’avant-garde, c’est aussi dans la capitale des Flandres qu’avec son épouse Paule Vezinhet, une Aveyronnaise rencontrée sur les bancs de l’ENSET à Cachan, il fonda en 1965 le Groupe d’étude d’art appliqué ou GE2A, un studio (on ne disait pas encore « agence ») où le couple voulait pouvoir laisser libre court à sa créativité et qui se spécialisa rapidement dans l’habillage de marques. On ne parlait pas encore d’ « image de marque » mais c’est bien de cela dont il s’agissait. Là, le couple Le Gonidec – Vezinhet aura littéralement inventé des concepts visuels qui, aujourd’hui, sont inscrits dans la stratégie commerciale de toutes les entreprises et dont nous révélerons ici quelques aperçus. C’est eux, les premiers, qui eurent l’idée d’habiller entièrement des camions aux couleurs d’une marque, en l’occurrence ceux du groupe Francis Holder, du nom du fondateur des boulangeries Paul. Pendant trente-cinq ans, Francis Holder confiera son image de marque au couple Le Gonidec – Vezinhet, une fidélité exceptionnelle dans le monde économique. Dans un autre registre, nos compagnes qui ont connu les années 70 et 80 n’ont certainement pas oublié la révolution libératrice que constitua pour les femmes la petite pochette Nana. Eh bien, cette pochette joliment habillée de multiples petits papillons de toutes les couleurs, c’était une création de Paule Vezinhet et Pierre Le Gonidec.

Pierre Le Gonidec et Paule Vezinhet auront transmis le virus des arts et de la création à leurs trois enfants qui sont devenus maquettiste d’architecture, styliste-modéliste et ethnomusicologue.

Dans deux vidéos enregistrées en 2007 par leur fille Marie-Barbara, Pierre Le Gonidec et Paule Vezinhet, qui nous a quittés voici six ans, expliquent leur approche de l’art graphique et des arts appliqués au domaine de l’entreprise. Passionnant!

https://www.youtube.com/watch?time_continue=7&v=AX8wH6sx0OQ

https://www.youtube.com/watch?time_continue=7&v=uyEu1o-0AIM

La biographie dont nous entamons l’écriture racontera cette histoire d’aujourd’hui, une histoire personnelle et singulière mais qui nous parle de notre quotidien et qui, à cet égard, est aussi l’histoire de tous. C’est là tout le sens que nous donnons au travail de Biographies de Bretagne.

Christian Guyonvarc’h

Une saga familiale en Bretagne… ou l’histoire incarnée d’un pays

Depuis dix-huit mois, nous nous attachons à collecter et à transmettre par l’écrit la mémoire contemporaine et populaire de la Bretagne. C’est peu dire que notre territoire et sa population ont connu des bouleversements et des mutations considérables tout au long du siècle dernier. Certains ont été subis, parfois au prix de grandes souffrances physiques et psychologiques, d’autres au contraire ont été voulus et recherchés car ils répondaient à une véritable aspiration à laisser derrière soi le vieux monde. La tâche que Biographies de Bretagne s’est assignée n’est pas de raconter la grande Histoire, qui est rarement celle des peuples et plus sûrement celle des puissants, mais de montrer comment des femmes et des hommes qui n’étaient pas sous le regard des portraitistes officiels ou la lumière des projecteurs ont écrit la leur et, ce faisant, participé à l’écriture du récit collectif des Bretonnes et des Bretons au XX ème siècle.

canot de sauvetage en mer de Lesconil (Pays bigouden) au début du XX ème siècle

La mission d’écoute qui est la nôtre et qui se double souvent d’un travail d’enquête pour inscrire le récit biographique dans un contexte historique, géographique et socio-culturel bien documenté, nous a déjà conduits en divers endroits de notre péninsule : Brest, Groix, la Basse-Loire, le pays de Saint-Brieuc, sans oublier les migrations proches ou lointaines qui ont jalonné les vies de ceux qui se sont confiés à nous ou dont le parcours, parce qu’ils ne sont plus de ce monde, nous a été rapporté par des proches. L’écriture de la biographie collective d’une association de solidarité, qui fêtera l’an prochain son premier demi-siècle, nous donne actuellement l’opportunité de faire le lien entre toutes les Bretagne(s) et l’émigration bretonne qui, ensemble, ont fait de la Bretagne ce qu’elle est. Ces différents parcours de vie déjà recueillis nous confortent dans l’idée que notre travail peut contribuer au lien invisible et néanmoins vital pour la cohésion d’une société qu’il importe de tisser entre les générations d’hier et celles d’aujourd’hui et de demain. Il est révélateur de constater combien cette quête de sens peut animer une mère ou un père qui font appel à nos services pour que la mémoire de leurs aïeux soit transmise à leurs propres enfants.

Inauguration du temple protestant de Lesconil en 1912

Et c’est précisément ce à quoi nous allons nous atteler dans les mois à venir en entrant dans l’écriture d’une véritable saga familiale sur une période d’un siècle et demi. Le défi est immense mais il est exaltant. Un père de famille, qui a grandi à Saint-Brieuc puis qui a construit toute sa carrière professionnelle à Nantes, a souhaité que ses enfants découvrent qui étaient leurs aïeux dont il se trouve qu’ils étaient tous originaires de Cornouaille depuis au moins deux siècles. Cette histoire familiale n’est pas qu’une histoire de famille et c’est là, nous ne le croyons, tout l’intérêt de la tâche à laquelle nous nous consacrons.

L’ancienne Ecole normale de formation des instituteurs à Quimper

La pêche au saumon à Châteaulin dans les années Trente

En effet, au fil des générations de femmes et d’hommes dont nous allons retracer le parcours, nous aborderons des sujets qui s’inscrivent dans notre histoire collective. La liste est déjà longue et elle n’est pourtant que provisoire tant le fil d’Ariane que nous avons à peine commencé à dérouler nous ouvre d’horizons. Nous dirons les métiers du monde rural aujourd’hui disparus tels le cordonnier-bourrelier ou le pêcheur de saumon dans les biefs du canal de Nantes à Brest du côté de Châteaulin. Nous raconterons la vie aventureuse, terriblement exigeante et souvent tragique des marins-pêcheurs et leur sens du sacrifice quand ils embarquaient par une nuit sans lune sur les canots des premières sociétés locales de sauvetage en mer, de frêles esquifs qu’ils arrachaient aux vagues tempétueuses à la seule force des bras. Nous retracerons les épreuves de ces générations successives de Bretons sacrifiés dans des conflits que la folie des gouvernements avait déclenchés : Guerre de 1870, Première et Seconde Guerres mondiales. Nous narrerons comment des familles de travailleurs venues d’autres pays ont pris leur part au redressement économique et démographique de la Bretagne dès les lendemains du premier conflit mondial. Nous évoquerons le protestantisme en Bretagne et plus particulièrement son implantation sur le littoral du Pays bigouden à la fin du XIX ème siècle à partir des missions conduites par des pasteurs méthodistes gallois qui utilisaient la langue bretonne pour diffuser leur foi. Nous rappellerons les problèmes sanitaires majeurs de la première moitié du XX ème siècle qui n’épargnaient que très peu de familles : tuberculose, grippe espagnole (pandémie de 1918-1919), ravages de l’alcool et du tabac. Mais nous montrerons aussi comment l’éducation pour tous et l’accès au métier d’instituteur par les formations dispensées dans les écoles normales ont été pour les milieux populaires des vecteurs d’ascension sociale sans précédent. Nous décrirons encore l’organisation des solidarités avant la création de la Sécurité sociale en 1945, avec l’exemple de la Providence Bretonne à Châteaulin qui aidait les familles à faire face à la maladie et à vivre plus dignement l’âge de la retraite. Nous révélerons à certains peut-être une Bretagne des contradictions politiques, loin de l’image d’Épinal d’une « province » uniformément conservatrice et soumise au discours du clergé, car certains territoires de Bretagne offrirent parmi leurs premiers bastions aux idées républicaines puis aux courants socialiste et communiste. Nous aurons même l’occasion de tirer quelques couleurs à la palette de la Bretagne des peintres en évoquant l’œuvre d’artistes bretons de naissance ou d’adoption comme Émile Simon et Paul Sérusier mais aussi celle du Japonais Foujita qui retrouva l’inspiration dans les années Cinquante à la lumière des ports de pêche du Pays bigouden.

Une toile peinte par Foujita à Lesconil au début des années Cinquante

Nous ne saurions omettre un des aspects les plus intéressants et instructifs de la saga familiale qui va nous occuper, à savoir l’affirmation du rôle des femmes dans la vie économique et, ce faisant, leur émancipation. Nous dresserons le portrait d’une commerçante, veuve de guerre et chargée de famille, qui tint dès les années Vingt et jusqu’aux années Soixante une échoppe multiservices dans une petite commune du Porzay. Non loin de là, à Châteaulin, une petite fille de neuf ans avait depuis longtemps déjà rejoint sa tante pour l’aider à tenir un hôtel dont elle prendrait elle-même la direction par la suite. Et c’est une de ses petites-filles qui, au terme de brillantes études universitaires, deviendra dentiste et ouvrira son premier cabinet dans une petite commune du sud Cornouaille dès le début des années Cinquante.

Les ouvrières de l’usine de sardines de Lesconil en grève en 1924

Oui, une seule famille dont les aïeux, tous de Cornouaille, étaient des paysans, des marins-pêcheurs, des ouvrières, des couturières ou de modestes commerçants, va nous permettre de dérouler bien des chapitres du grand livre des Bretonnes et des Bretons au XX ème siècle.

Biographies de Bretagne au Musée des Thoniers d’Etel le dimanche 21 octobre

Dimanche 21 octobre, de 10h à 18h, au Musée des Thoniers d’Etel, j’aurai le plaisir de présenter la biographie « Yannig Baron, ar seizh avel, par tous les vents de Bretagne » au côté d’une quinzaine d’autres auteurs qui ont écrit récemment des livres à thématique maritime.

Dans la biographie que je viens de consacrer à Yannig Baron, qui sera également présent pour l’occasion, la mer est très présente. Quoi de plus normal puisque Yannig est natif de Groix, petit-fils de l’inventeur du thonier « dundee », Pierre Baron… et ancien pêcheur de thon lui-même, ayant navigué comme mousse sur le J.T. (Joseph Tonnerre) en 1950 puis sur le Jeanne-Laurent en 1951. Yannig est un des derniers acteurs pouvant encore témoigner de ce qu’était la pêche au thon sur les voiliers. Et de certaines pratiques culinaires qui tendent à s’effacer dans la mémoire populaire: la cuisson des patates à l’eau de mer (« super bon! » nous dit Yannig avant d’ajouter « à condition qu’elle soit collectée en haute mer« ) ou encore l’étonnant boudin de thon (« un délice!« ).

Alors, au plaisir de vous retrouver à Etel dimanche.

Christian Guyonvarc’h

salon du livre maritime au Musée des Thoniers d’Etel

https://www.facebook.com/events/975583132628579/

le pêcheur breton ne doit pas avoir le mal… de l’air!

Dans cet extrait d’une biographie à paraître en 2019, notre homme, investi toute sa vie dans les métiers de la mer, nous conte sa relation mouvementée avec les avions… et en tire un trait d’humour.

  

« Dans les années 70, je travaillais pour plusieurs coopératives de pêcheurs du Finistère qui cherchaient à se diversifier en développant de nouvelles techniques d’ostréiculture adaptées au milieu local et en valorisant le produit de leur pêche.

C’est dans cette période que j’ai vécu un premier accident d’avion assez rocambolesque qui me fait sourire aujourd’hui avec le recul mais qui aurait pu tourner au drame. C’était en 1976. J’accompagnais une délégation de pêcheurs bretons et de responsables de coopératives à Boulogne-sur-Mer dans le but de visiter une usine de production de hareng fumé. Le petit poisson vif-argent était abondant sur les côtes bretonnes mais nous ne savions qu’en faire. Comme nous étions une petite dizaine à entreprendre le voyage, nous avons affrété un Beechcraft au départ de Quimper. Il était prévu de faire escale pour ravitailler l’avion en carburant mais le pilote a cru pouvoir s’en passer. À l’approche de Boulogne-sur-Mer on l’entend soudain lancer un appel de détresse à la radio : « Mayday ! Mayday ! Je me scratche ! » On n’en croyait pas nos oreilles…

En définitive, l’avion a amerri à 200 mètres d’une plage. Le problème, c’est qu’on n’avait pas pris place à bord d’un hydravion.

Notre Beechcraft était un avion terrestre qui ne devait connaître que le plancher des vaches ! L’appareil risquait donc de couler à tout moment et nous avec… Par chance, comme le réservoir était vide, l’aéronef a flotté. Mais pour combien de temps ?…Nous avons donc décidé de regagner la côte à la nage. La porte de secours étant bloquée, nous sommes sortis par la grande porte. Nous n’avons même pas pris le temps d’enfiler les gilets de sauvetage. Et nous étions tous en costard ! Comme un réflexe, j’ai pris ma serviette sous le bras, m’imaginant peut-être que mes précieux papiers allaient survivre à 200 mètres de brasse dans l’eau salée…

Mais ce qui m’aura le plus marqué dans cet accident, c’est qu’une fois arrivés sur la plage, nous avons vu deux chasseurs passant par là qui nous dévisageaient comme des oiseaux rares, complètement indifférents à notre sort. Heureusement, nous avons pu trouver un peu de réconfort auprès de nos collègues de la coopérative maritime d’Étaples qui nous ont rhabillés de pied en cap. Pendant notre séjour sur place puis ensuite sur le trajet du retour en train nous étions tous affublés du même uniforme : pantalon à pinces, pull-over rayé comme des matelots et duffle-coat. Ah, on s’est fait remarquer à la gare Montparnasse ! Nous avions trouvé un nom à notre bordée, « l’équipe de water-polo des Cormorans de Penmarc’h » !

 

Rétrospectivement je m’étonne encore du calme avec lequel nous avons réagi à l’accident. Aucune panique à bord. Peut-être parce que l’amerrissage s’était fait en douceur. Il est bien évident que si le pilote avait voulu atterrir sur la plage, il y aurait eu de la casse. Il n’empêche qu’il y a perdu son brevet et ses 25 ans de métier n’y ont rien changé.

Une quinzaine d’années plus tard j’ai vécu d’autres émotions en avion alors que je me déplaçais aux États-Unis pour aider les décideurs brestois à définir le projet Océanopolis. Au décollage l’appareil a comme avalé un vol de goélands. Un des deux moteurs s’est arrêté, le pilote a dû vider le réservoir en urgence mais on est resté un moment à tourner autour de New York avant que le commandant de bord obtienne enfin l’autorisation d’atterrir. Quand l’avion s’est immobilisé, j’ai vu les pales du rotor complètement pliées par les oiseaux.

Aujourd’hui, pour plaisanter je dis parfois que qui veut éviter tout ennui dans les airs doit choisir de voler avec moi. Connaître deux accidents d’avion dans sa vie, c’est très rare, donc j’ai largement épuisé mon quota de sensations fortes. »

La raison d’être de Biographies de Bretagne : l’écrivain Jean Giono en parlait dès 1951

« Mémoire des humbles, mémoire des Hommes », c’est la devise et aussi le fil conducteur de Biographies de Bretagne, Skridoù-buhez Breizh en breton. Au fil des décennies et des générations, les histoires personnelles, familiales, amicales des gens « ordinaires », celles aussi des associations, des villages ou des entreprises qui sont ancrées dans un territoire sont comme les pièces d’un même puzzle ou les musiciens d’un même orchestre symphonique. La singularité de chacun fait écho à d’autres singularités qui toutes réunies font l’histoire et la mémoire d’un peuple bien plus sûrement que les oukases et les frasques des puissants que les journaux dits « people » – quelle ironie du langage ! – tout comme les manuels scolaires s’attachent à mettre en avant. De cela, l’écrivain Jean Giono nous parlait dès 1951 en écrivant son Voyage en Italie.

L’écrivain provençal Jean Giono (1895-1970) est un auteur prolifique. Nombre de ses romans ont été adaptés au cinéma, parfois par lui-même (Crésus) mais le plus souvent par d’autres : Angèle, Regain, La femme du boulanger par Marcel Pagnol, l’autre grand écrivain et cinéaste provençal du XXème siècle, plus récemment Les cavaliers de l’orage par Gérard Vergez, Le hussard sur le toit par Jean-Paul Rappeneau ou encore Les Âmes fortes par Raoul Ruiz.

Celui qu’on a surnommé « le voyageur immobile », tant son ancrage à Manosque, sa ville natale dans les Alpes de Haute-Provence, et sa réticence à s’en éloigner contrastaient avec l’omniprésence de l’itinérance dans son œuvre, entreprit à l’automne 1951 un voyage de plusieurs semaines en voiture dans le nord de l’Italie, accompagné de son épouse Élise et d’un couple d’amis. Ce faisant, Jean Giono marchait sur les traces de son grand-père paternel, un anarchiste révolutionnaire originaire d’un village du Piémont. Voyage en Italie, publié pour la première fois en 1953 (on le trouve aujourd’hui en collection de poche chez l’éditeur Folio), raconte cette itinérance de Turin à Florence, en passant par Milan et Venise mais aussi par les campagnes d’Émilie-Romagne et les villages de montagne de la chaîne des Apennins. À chaque étape, Giono, à la manière du précurseur de la sociologie Émile Durkheim, dresse un portrait des hommes et des femmes qui a beaucoup à voir avec les climats traversés et les paysages agricoles ou bâtis que des générations successives ont dessinés.

Voyage en Italie n’a rien du guide touristique. Ce qui intéresse Giono, ce ne sont pas les œuvres des grands artistes de la Renaissance – qu’il ne manque pourtant pas de découvrir autrement que par les livres d’art – mais le sens que ses contemporains italiens, qu’il croise au détour d’une rue, leur donnent dans leur vie au jour le jour. C’est bien le peuple ou plutôt les peuples italiens qu’il a voulu rencontrer et qu’il décrit. À partir d’une évocation croisée de la Révolution française de 1789 et de la Révolution italienne de 1838, Giono en vient à donner sa définition personnelle de l’Histoire des Hommes :

« Comme toute ma génération, j’ai traversé depuis 1914 pas mal d’événements historiques. Je les ai tous vus du côté de Manosque, et même du côté du quartier que j’habitais dans Manosque. Ainsi, j’ai été mobilisé en janvier 1915 avec ma classe, mais, d’août 1914 à janvier 1915, j’ai pu me rendre compte que le personnage le plus important – et de loin – qui avait la première place dans la pensée des gens de la Grand-Rue où j’habitais, c’était le facteur. Ce n’était pas Joffre qui pouvait dire si Dieuze ou la Marne étaient des victoires ou des défaites : c’était Félicien Chabrier, le facteur, selon qu’il avait une lettre à donner ou pas. De même que Dieu avait déserté l’église et l’empyrée pour se matérialiser sous les traits d’un petit secrétaire de mairie chauve et très emmerdé qui distribuait de porte en porte les avis de décès. Voilà l’histoire qu’on appelle négligemment la petite et qui, à mon avis, est non seulement la grande mais la seule. »

Plus loin dans son récit de voyage, alors qu’il traverse la partie des Apennins qui surplombe les collines du nord de la Toscane, Giono évoque le courage au quotidien des gens de peu :

« Le complexe d’Icare, c’est bien beau mais, même après un atterrissage parfait, on n’a pas prouvé grand-chose. Curieux comme on veut toujours pousser l’aventure humaine dans des chemins numérotés de mètre en mètre où chaque pas peut être ainsi porté à un crédit. Alors que dans la malédiction : « Tu feras ton chemin sur ton ventre et tu mangeras de la terre », il y a des ressources illimitées. À mon avis, il faut plus de courage (et du plus beau) pour être maçon pendant cinquante ans que pour organiser et parfaire une expédition à l’Himalaya. Et du courage plus probant. Il n’est pas question de jeunesse ou de vieillesse dans le fait de choisir l’une ou l’autre de ces formes de courage, mais de conformation de la tête. Les hommes qui ont de tout temps habité les petits caps occidentaux de l’Europe ont la tête conformée de façon à être heureux sans délires et sans prophètes . »

Le message de Giono, construit en Provence, a une portée universelle.

Christian Guyonvarc’h

Rencontres-signatures à CARNAC et LORIENT le vendredi 20 JUILLET

Nous avons le plaisir de vous convier à une rencontre autour du livre Yannig Baron, ar seizh avel – par tous les vents de Bretagne (éditions Le Temps éditeur), avec Christian Guyonvarc’h, auteur, et Yannig Baron

Yannig Baron, ar seizh avel – par tous les vents de Bretagne est un récit biographique qui déroule le parcours d’une vie aux multiples facettes en même temps qu’il aborde de nombreux aspects de l’histoire de la Bretagne et des Bretons au cours des 80 dernières années tels que :

  • la vie sous l’Occupation à Groix, une île qui, en raison de la présence d’une base de sous-marins allemands à Lorient, a subi jusqu’au 8 mai 1945 la plus forte densité de troupes d’occupation en Bretagne,
  • les heures joyeuses mais aussi dangereuses de la Libération,
  • l’épopée des derniers pêcheurs de thon sur les « dundee » (thoniers à voile),
  • la résidence surveillée à Groix de Habib Bourguiba, le futur premier président de la Tunisie indépendante et laïque,
  • le rôle des Bretons dans la Marine nationale,
  • l’émigration bretonne dans les années 50 et 60,
  • comment les Bretons ont redécouvert et réappris à aimer leur propre culture,
  • l’histoire incroyable du « chaudron celtique » de Menez Kamm à Spézet,
  • l’étonnante organisation de la visite de Jean-Paul II en Bretagne,
  • l’histoire du combat des 40 dernières années pour l’enseignement du breton.

Livre « Yannig Baron, ar seizh avel – par tous les vents de Bretagne »: rencontres-signatures à Brest et à Quimper les 6 et 7 juillet

Biographies de Bretagne et Le Temps éditeur ont le plaisir de vous annoncer que, deux semaines après sa parution, le livre « Yannig Baron, ar seizh avel – par tous les vents de Bretagne » fait l’objet d’une deuxième édition. Nous remercions le public pour l’accueil chaleureux réservé à cet ouvrage.

L’auteur, Christian Guyonvarc’h, et Yannig Baron auront le plaisir d’aller à la rencontre des lecteurs:

  • le vendredi 6 juillet, de 17h30 à 19h30, à la librairie Nadoz-Vor, 128 rue Jean-Jaurès à BREST (tramway arrêts Octroi ou Saint-Martin),
  • le samedi 7 juillet, de 10h30 à 12h30, à la librairie Coop Breizh, 16 rue Elie Freron à QUIMPER / KEMPER (centre-ville).

D’autres rencontres-signatures sont en cours de programmation dans le Morbihan et à Rennes. Les dates et lieux vous seront prochainement communiqués.

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